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29/11/2005

L'Académie du Vin de France en croisade

Je cite :

Elle invite aussi "les vignerons de France qui ont le souci de l'excellence" à "privilégier l'authenticité, le goût de la belle ouvrage, le retour aux valeurs".

"Il faut faire prendre conscience que si on continue comme ça, le vin français va aller à la catastrophe", estime le chef parisien Alain Senderens, au nom de l'Académie dont il est membre.

Certes, certes...

Je pense que le marché du vin est en train de scinder en deux...

- un marché pour des vins de terroir, haut de gamme : sur ce marché, la France n'a pas de souci  à se faire sur ce marché. Pour prendre l'exemple du terroir bourguignon, nous avons beaucoup d'avance... nous produisons des vins d'excellence sur des terrois dientifiés depuis des siècles,

- un marché de vins industriels de qualité : il ne faut se leurrer. C'est dans ce domaine-là que les pays du nouveau monde gagnent des parts de marchés. Ils savent produire des vins d'excellente qualité vendus à moins de 5 euros la bouteille. La France ne sait pas répondre à cette demande du marché... notre dogmatisme, nos certitudes expliquent pour grande partie cela. Je pense que nous avons les terroirs, le savoir faire pour répondre à cette demande...

Au travail !

26/11/2005

Compte Rendu de la Paulée de Meursault 2005

La Paulée de Meursault est la troisième manifestation des trois glorieuses; elle se déroule chaque année le lendemain de la traditionnelle vente des Hospices de Beaune.

A l'origine, la Paulée était un repas qui réunissait les vignerons de l'appellation pour déguster ensemble leurs crus respectifs. Cette fête est très vite devenue une manifestation incontournable qui réunit les vignerons et leurs meilleurs clients venus du monde entier. Chacun amène ses meilleures bouteilles pour les faire partager. On y goûte d'ailleurs non seulement des vins de Bourgogne, mais également des vins de France ou du monde. Une ouverture d'esprit, toute à l'honneur des vignerons de Meursault.

La soixante treizieme Paulée était présidée par l'académicien Erik Orsenna.

C'est un sous un froid sec et un soleil éclatant que nous sommes arrivés à 13 heures au Château de Meursault. Nous avions auparavant pris l'apéritif chez le vigneron Hubert Chavy autour d'un excellent foie gras frais cuit au sel dans un torchon. L'apéritif donnait le ton de la journée : Grande Dame 1990 de la maison Veuve Clicquot...

Les mets se sont succédés et ont mis à l'honneur les excellents crus servis lors de ce repas...

Tout d'abord, les vins blancs puis les vins rouges... Citons quelques uns des vins qui sont passés par notre table :

Comte Lafont : Meursault 2000, Meursault Genevrières 1999, Charmes 1996,

Comte de Vogüe : Bourgogne blanc 1999 (issu de jeunes vignes de Musigny !),

Hubert Chavy : Genevrières 2003, 2002, 1999, 1995, 1994, Folatières 1999, Charmes 1997, Clos des Corvées de Citeaux 1998, Meursault Grands Charrons 1995

Philippe Chavy : Meursault Corvées des vignes 2000,

François Mikulski : Meursault Poruzots 2000 et Meursault Caillerets (rouge) 2000

Coche-Dury : Meursault Perrières 1992, 1995, Volnay 1989 (excellents !)

Domaine Monnnier : Meursault Les Chevalières 2001, Pommard Epenots 1999

Vincent Girardin : Quintescence de Charlemagne 2002 (superbe !)

Domaine Leflaive : Meursault Genevrières 1990 et 1992, Meursault 2002 Les Narvaux

Franck Grux (qui travaille également chez Leflaive) : Meursault Les Meix Chavaux 2002

Domaine Lagiche : Montrachet 1992

Domaine Tollot : Chorey Les Beaune 2003, Savigny Lavières 2003

Alain Patriarche : Genevrières 1990

Domaine Sirugue : Vosne Romanée 2000 et Vosne Romanée Les Petits Monts 1999

Domaine Jouan : Clos Saint Denis 1998,

Joseph Boillot : Pommard Les Rugiens 1999

H. Boillot : Volnay Caillerets 1999

Dujac : Clos de La Roche 1989

Dusserre : Pommard 1984 (encore étonnant de structure et d'équilibre)

Raveneau : Chablis 1er Cru Montée de Tonnerre 1998

Robert Arnoux : Echezeaux 2001

Philippe Charlopin : Chambertin 2001 (Buvez au moins une fois un grand vin dans votre vie, je cite Ph. Charlopin lors du service !)

Venu d'ailleurs :

Jean-Louis Chave : Hermitage 2000

Vieux Telegraphe 2003, Châteauneuf du Pape

Duhart Milon 1993 : Pauillac

Pavie 1992, Saint-Emilion Grand Cru

Vega Sicilia Unico 1985, Ribera de Duero

Roda 1 : Reserva 2002

Santa Ana 1861, Bodega Emilio Hidalgo, Pedro Ximenez

Quinta da Noval : Colheita 1974

Dom Perignon 1995

De tous ces vins (et j'en ai certainement oublié), j'ai particulièrement apprécié :

- la verticale de Genevrières proposée par Hubert Chavy, avec une mention particulière pour le très prometteur 2002

- Vega Sicilia 1985, Unico : on sait que c'est un grand vin, mais cela se confirme à chaque dégustation... un monstre qui m'a encore étonné par son équilibre, sa fraîcheur, son fruit encore très présent... Du grand art...

-  Santa Ana 1861 : ce vin doux naturel est issu d'un assemblage dont la plus vieille pièce date de 1861. D'une complexité et d'une longueur exceptionnelle...

23/11/2005

Paulée de Meursault : c’est aussi un prix littéraire !

Bonjour,

J'ai assisté lundi au traditionnel repas de la Paulée de Meursault. Dans l'attente de mon compte-rendu sur ce blog, je publie un papier de l'un de mes amis sur l'excellente intervention de Erik Orsenna, lors de la Paulée 2005.

Bonne lecture,

Jean-Baptiste

'Depuis des lustres, les organisateurs de la Paulée de Meursault distinguent dans le monde des arts et des lettres, une femme ou un homme de renom, ayant contribué par son œuvre à la promotion des valeurs d’authenticité.

Ce prix est versé « en liquide » puisqu’il consiste en 100 bouteilles de vin de Meursault !
Il a été attribué à Françoise Chandernagor, Denise Bombardier, Pierre Schoendoerffer …et bien d’autres.

Le lauréat ou la lauréate, a la lourde tâche, en plus du rangement des cartons dans sa cave, de tenir aux convives un discours bref au début du repas. Cette année 2005, ce fut Erik Orsenna qui nous fit partager ses émotions d’enfance faites de souvenirs de terroir, de sens de la qualité et d’exemplarité du monde de la ruralité. Concernant ce dernier point, l’auteur de « L’exposition coloniale » (Goncourt 1988) nous a livré une réflexion très étonnante, à laquelle je souscris pleinement.

« Le totalitarisme c’est un projet qui crée un maximum d’uniformité sur un espace le plus grand possible ». Et notre académicien ajouta « voyez-vous, ce qui me séduit dans la viticulture de haute qualité, c’est qu’elle est l’inverse du projet totalitaire. Elle a pour ambition de faire éclore un maximum de diversité sur un territoire le plus petit possible ».
Et en entendant ces paroles d’une grande sagesse et d’une belle acuité, il me revint cette réflexion d’un homme politique qui disait «  comment peut-on gouverner un pays qui produit 365 sortes de fromages ? ».

Homme d’intuition, Erik Orsenna venait de mettre sa plume sur le point essentiel : gouverner ce n’est pas créer l’uniformité au nom d’une égalité nivelante, mais au contraire faire s’épanouir les spécificités, les talents de chacun.

On croit toujours que les valeurs de notre République sont celles de philosophes , d’hommes politiques, mais la contribution de la ruralité est bien plus importante qu’il ne paraît. Cela n’a pas échappé à Erik Orsenna, et cela a ravi son auditoire.

Jean-François Lecompte'

19/11/2005

Vente des Hospices de Beaune

Bonjour,

Je pars en Bourgogne pour le WE. Un programme chargé m'attend avec :

- la traditionnelle vente des hospices de Beaune,

- mais surtout la Paulée de Meursault...

Je vous en dirai plus mardi...

17/11/2005

Beaujolais Nouveau 2005

Bonjour,

Je donne suite au message laissé par 'Thierry72' sur notre forum http://forum.75cl.info.

Je le cite :

'A la lecture de la presse, à l'écoute des journaux audiovisuels, on y entend que le Beaujolais traverse une crise en France (Pas au Japon!!!). Les négociants ne parviennent pas à séduire les jeunes (ce genre de propos me choque car faut-il pousser les jeunes à consommer?).
Un restaurateur a avoué, involontairement, que le "débouchage" des toutes premières bouteilles à minuit, ce jeudi soir, était d'abord et avant tout l'occasion de faire la fête. Un aveux?
Eh oui!! A force de nous faire boire un vin léger, aux goûts chimiques, le consommateur, amoureux du bon vin (comme moi!), ne se laisse plus prendre aux pièges du marketing.
Au restaurant administratif, où, chaque midi je déjeune, j'ai demandé au chef, un copain, de nous gratiffier de quelques bouteilles de Beaujolais Nouveaux.
Il en proposera quelques bouteilles, mais sans plus. Elles ont du mal à trouver preneur!!!
C'est un signe qui ne trompe pas.
Allez, ami sommelier, nous attendons quelques précieux conseils pour nous réconcilier avec cette piquette.
Désolé d'être si dur!!!!
Bonne fête ce soir quand même. ...'

Ma réponse :

J'aime le ton de ce message !
Oui, je suis d'accord 90% des Beaujolais nouveaux n'ont aucun intérêt !

Je vous pose d'ailleurs la question... vous buvez certainement des Bordeaux, des valeurs sures... Mais buvez vous de ces Bordeaux, vendus à 1, 2 ou 3 auros en grandes surfaces. Personnellement, je trouve que cela n'a aucun intérêt non plus... je vous rejoins en cela.

Je trouve beaucoup de similitudes dans le phénomène Beaujolais. La sortie du Beaujolais Nouveau est un coup marketing qui permet d'écouler une bonne partie de la production beaujolaise. Est-ce une raison pour jeter le bébé avec les eaux du vin ;-)...

J'ai bu ce midi deux excellents vins de Pierre-Marie Chermette :
- Les Griottes : un Beaujolais Nouveau dans une vinification primeur recherchée, aromes de petits fruits rouges (macération carbonique), de la fraicheur en bouche. Un vrai régal. Un pur plaisir !
- Cuvée Vieilles Vignes : de couleur plus intense, une macération certainement plus longue, une recherche évidente de plus grande complexité. Un Beaujolais Nouveau qui pourra se garder sans problème 2-3 ans...

Le site Internet du domaine :
http://www.chermette.fr

Bravo !

Et vous qu'avez vous gouté de bon ?

09/11/2005

Clin d'oeil de François Boucq pour la Saint Vincent 2001

Paulee_boucq

Un internaute vient de nous envoyer le scoop suivant !

Pour la Saint Vincent Tournante 2001, qui s'est déroulée à Meursault, le dessinateur François Boucq avait proposé le dessin suivant en guise de signalétique dans le village...

Cette proposition n'a pas été retenue, car jugée trop irrévérencieuse...

Pourtant, les interprétations sont riches et nombreuses :

- Tout savoir sur la robe des vins
- Poussez le bouchon encore plus loin
- Partageons la plus sainte des boissons
- Entrez dans la religion du bon goût

08/11/2005

Savennières Coulée de Serrant

Bonjour,

Je retrouve un moment pour revenir sur mon blog. Le WE du 1er novembre, des semaines trop courtes, ne m'ont pas laissé le temps nécessaire à la rédaction d'un article quotidien sur mon blog.

Je souhaitais aujourd'hui vous vous parler de deux vins que j'ai eu le plaisir de déguster ce week-end :

- Coulée de Serrant 2003, Nicolas Joly

Une couleur jaune soutenue. Etonnant ! Impossible de reconnaitre à cette robe, à l'aveugle un vin de Loire, tellement elle est marquée. La couleur amènerait plutôt à rechercher du coté du Languedoc.

Un nez discret, minéral, quelques notes végétales au premier abord. Le bouquet s'est complètement ouvert au cours du repas après un long passage en carafe. Ce vin supporte à merveille une dégustation à 15-16°C ! On retrouvait alors des arômes de silex, de coing. Des notes grillées également.

La bouche est grasse, massive. Un peu dure au premier abord. Une acidité peu marquée. La finale longue. Le vin a complètement pris le dessus sur l'entrée : langoustines et escargot dans une sauce aillée. La structure du vin, sa minéralité a largement pris le dessus sur l'ail, c'est dire.

En conclusion, une superbe bouteille, que l'on vourait regouter dans quelques années. Que va-t-il devenir ? Je n'en sais rien. D'un côté, sa structure, son bouquet laisse présager de belles choses en matière de vieillissement. D'un autre coté, l'acidité relativement faible me laisse perplexe. A savourer aujourd'hui, dans tous les cas...

- Mersault 1er Cru 2000, Poruzot, François Mikulski

J'ai attendu beaucoup de critiques sur les Bourgogne 2000 : trop mur, trop ouvert, trop facile, pas de possibilité de garde... Ce vin fera taire tous les détracteurs du millésimes. C'était bien ouvert, bien minéral à l'image des vins de ce cru (Poruzot), un fruit bien présent et une acidité légère, élégante pour soutenir le tout. Bref, du pur bonheur...

Je dois tout de même avouer qu'il tenait pas la comparaison avec la massive Coulée de Serrant. Mias pourquoi les comparer ? Tout simplement pas le même type de vin. On est impressionné par la Coulée, on a envie de se resservir d'une verre de Poruzot !

Dionysiaquement votre,

Jean-Baptiste