Paulée de Meursault : c’est aussi un prix littéraire !
Bonjour,
J'ai assisté lundi au traditionnel repas de la Paulée de Meursault. Dans l'attente de mon compte-rendu sur ce blog, je publie un papier de l'un de mes amis sur l'excellente intervention de Erik Orsenna, lors de la Paulée 2005.
Bonne lecture,
Jean-Baptiste
'Depuis des lustres, les organisateurs de la Paulée de Meursault distinguent dans le monde des arts et des lettres, une femme ou un homme de renom, ayant contribué par son œuvre à la promotion des valeurs d’authenticité.
Ce prix est versé « en liquide » puisqu’il consiste en 100 bouteilles de vin de Meursault !
Il a été attribué à Françoise Chandernagor, Denise Bombardier, Pierre Schoendoerffer …et bien d’autres.
Le lauréat ou la lauréate, a la lourde tâche, en plus du rangement des cartons dans sa cave, de tenir aux convives un discours bref au début du repas. Cette année 2005, ce fut Erik Orsenna qui nous fit partager ses émotions d’enfance faites de souvenirs de terroir, de sens de la qualité et d’exemplarité du monde de la ruralité. Concernant ce dernier point, l’auteur de « L’exposition coloniale » (Goncourt 1988) nous a livré une réflexion très étonnante, à laquelle je souscris pleinement.
« Le totalitarisme c’est un projet qui crée un maximum d’uniformité sur un espace le plus grand possible ». Et notre académicien ajouta « voyez-vous, ce qui me séduit dans la viticulture de haute qualité, c’est qu’elle est l’inverse du projet totalitaire. Elle a pour ambition de faire éclore un maximum de diversité sur un territoire le plus petit possible ».
Et en entendant ces paroles d’une grande sagesse et d’une belle acuité, il me revint cette réflexion d’un homme politique qui disait « comment peut-on gouverner un pays qui produit 365 sortes de fromages ? ».
Homme d’intuition, Erik Orsenna venait de mettre sa plume sur le point essentiel : gouverner ce n’est pas créer l’uniformité au nom d’une égalité nivelante, mais au contraire faire s’épanouir les spécificités, les talents de chacun.
On croit toujours que les valeurs de notre République sont celles de philosophes , d’hommes politiques, mais la contribution de la ruralité est bien plus importante qu’il ne paraît. Cela n’a pas échappé à Erik Orsenna, et cela a ravi son auditoire.
Jean-François Lecompte'
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