Le cru 2005 sera «formidable» dans les rouges et «exceptionnel» pour les blancs, selon le Comite Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB). Est-ce le signe du retour au beau fixe pour les vins de Bordeaux... rien n'est moins sûr.
Cette année, les rendements ont été ramenés à 51 hectos pour l'appellation Bordeaux rouge et 65 hectos pour le Bordeaux blanc. L'objectif est d'améliorer la qualité en imposant aux viticulteurs des rendements plus réduits.
Je me permets de douter de l'efficacité d'une telle mesure, et cela pour plusieurs raisons.
1/ D'abord, ce n'est pas la réduction de l'offre bordelaise qui va résoudre la problème structurel de suproduction mondiale... dans ce contexte, il n'est pas certain que les cours des Bordeaux se redresse...
2/ Pourquoi les vignerons bordelais réduirait-ils leur rendement ? Réduire les rendements coute cher ! Les vignerons sont par nature réticent à tailler plus sévère (tant que la récolte n'est pas dans le chai...). De même, la vendange en vert implique des coûts de main d'oeuvre... Dans le contexte actuel de crise, je ne suis pas sûr que le vigneron va investir dans la qualité !
Les vignerons qui ont une politique qualitative affirmée ont déjà réduit leurs rendements. Les autres se contenteront d'envoyer quelques hectos supplémentaires à la distillerie, sans pour autant avoir amélioré la qualité de leur vin. Les plus pénalisés seront ceux qui propose des vins honnêtes bien vinifiés, à des prix attractifs, avec des niveaux de production proche des précédents plafonds. Il verront leur revenu écorné, sans pouvoir pour autant réviser leur tarif à la hausse...
Bref, une réforme qui risque de faire beaucoup de victimes, sans signe de redressement de la filière... Ne serait-il pas plus pertinent d'inciter ces vignerons à prendre leur baton de pélerin et aillent parler de leur produit au consommateur... Les vins français souffrent avant tout de la faiblesse de leur commercialisation !
Les commentaires récents